
suite
J’aurais aimé garder le silence.
Samuel Beckett répondait : bon qu’à ça. Et me voilà obligé, oui, obligé, forcé en quelque sorte, contraint d’écrire sur ce que je fais. C’est pourtant simple. Tout vient du quotidien. Un quotidien de tous les jours, les besognes, les emplettes, les cadeaux, les livres, les images, les cartes postales, reçues souvent, le pain avant, rien n’est acheté pour faire un travail artistique, sauf les supports, les papiers, les cadres, les papiers collants, la latte et le cutter. Au fond, le quotidien c’est ce qui me reste, c’est ce qui reste. Le donner, le donner à voir, le donner à emporter. Donner cette banalité, la poignée de mains, ce qui advient tous les jours.
Mais surtout ne rien inventer, ne pas créer, vieilles idées, légèrement prétentieuses. (On n’invente pas le quotidien). Ne pas créer, peut-être montrer, car étranger, comme dans Baudelaire, les nuages, les pointer du doigt. Pas plus. Pas moins non plus. Voici donc mes livres, mes images, mes photos, mes phantasmes. Bien sûr. Mais les voici de manière protocolaire. Les livres sont ouverts à une certaine double page, pas une autre. Ils ne sont plus lisibles, mais visibles. Ces livres portent un nouveau nom. Ready-made…Le quotidien, la bibliothèque, la cuisine ne sont-ils pas remplis de ready-mades ? Ah ! Le sèche-bouteilles. Suspendu. Privé de sa fonction. Hors-contexte. Oh, je sais bien que ce que je montre n’est pas clef sur porte, les clous, les épingles, les plexi…mais j’espère qu’il y a un début de porte (c’est à dire de passage, d’aller-retour) et que la clef n’est pas nécessaire…Ou un début de charnière…
Ne pas créer ? Oui, cette idée de création, je la lie aux religions. L’artiste démiurge. L’artiste qui se bat (parce qu’inspiré), qui vise l’originalité, le savoir-faire le monde. Presque rien de tout cela ici. Et surtout pas seul. D’où la présence d’autres « fabricants ». Il y a deux ans, lors de ma première exposition à la Gal. Nadja Vilenne, Jacqueline Mesmaeker et Jacques Lizène. Aujourd’hui des travaux sublimes africains (suite (ou poursuite) de mon exposition à Malhoun, Maroc, où il y avait des travaux de Lara Baladi, Éric Van Hove, Mouhcine Rahaoui, Khalid Boulaadam.) Donc ni seul, ni collectif. Ni exposition solo, ni exposition collective.
Mais exposition « communautaire » ? Ce qui poursuit mon travail de fondation de la première « communauté » à Louvain, en 1971. Faire tenir ensemble les « irréductibilités » de chaque être, de chaque image, de chaque livre, c’est ce que je pense être une communauté. Un secret inavouable de bonheur. Ce que l’extrême ordre international ne veut pas.
M.A. décembre 25

Exminar/Seposition : exposition par Michel Assenmaker au centre d’art contemporain Malhoun, à Marrakech.
Le mot exposition vient d'abord, comme les œuvres. Après souvent, mais aussi parfois, la parole, l'étude, le dialogue arrivent. Parfois même, ils n'arrivent pas.
Il y aura des choses au mur, ou sur le sol mais aussi des publications, de la musique, des films et j'espère de la nourriture. Il y aura des rencontres (incertaines encore) avec Lara Baladi, Najwa Borro, Eric Van Hove. Tout cela, œuvres au mur et au sol, publications, musiques, films, rencontres sont l'exposition. Exposer égale ouvrir, s'exposer égale s'ouvrir. Il y aura des choses nouvelles, des readymades aussi, des bruits et des musiques, des images et des mots, venus surtout d'Europe, d'Afrique et même d'Asie. Il y aura, peut-être, je l'espère, face aux cruautés extrêmes de la guerre, de l'amitié, de la lutte, de la douceur (et qui sait? de l'enchantement). Le 25 juillet 1918, Rosa Luxemburg écrit à Louise Kautsky: "Chère Lulu, aujourd'hui je me suis levée à quatre heures et demie du matin, j'ai longuement contemplé les petits nuages blancs et gris du matin, hauts dans le ciel bleu, la cour silencieuse de la prison encore endormie; puis j'ai soigneusement inspecté mes pots de fleurs, j'ai ajouté de l'eau fraîche, ..."
Exposition du 7 avril au 25 septembre 2025

À la mémoire de Jacqueline Mesmaeker
Livre "À la mémoire de Jacqueline Mesmaeker", suite de l’exposition "Der Rattenfänger" de 2021 à la galerie DuflonRacz, Bruxelles, organisée par Pierre Philippe Hofmann et Frédéric Fourdinier, réalisé par Studio Otamendi et publié à 200 ex. Pour ce livre, il nous a été proposé de faire un travail complémentaire à l’oeuvre exposée.

vernissage Nottingham
We warmly invite you to join us on Friday, 11th October, from 6 to 8pm at Beam Gallery in Nottingham (UK) for the launch of "suite 11", a publication by Michel Assenmaker and Assunta Ruocco, marking the opening of Assunta’s exhibition "Our Days of Gold" (video) at TG Gallery. Michel Assenmaker will present "my postcards (b, c, d)" alongside Beam’s current exhibition featuring the work of Dorothy Bohm.

Intervalles
Jean-Paul Deridder, Alain Géronnez, Martine Cloots et Bernard Queeckers. Chapelle de Monty, Herve, 1999
Olivier Foulon, Ilona Ruegg, Jacqueline Mesmaeker et Sylvie Eyberg. Chapelle de Monty, Herve, 2000
Michel Aubry, Espérance Delvaux et Baudouin Oosterlinck. Chapelle de Monty, Herve, 2001
conception graphique : Martine Cloots









































